Article Ade-ci Family Office | Mai 2026
L’actualité sanitaire relance la question patrimoniale
L’actualité sanitaire des dernières semaines relance une question : et si une nouvelle crise sanitaire survenait ?
Le hantavirus fait les gros titres. Les autorités sanitaires surveillent la situation. Les marchés financiers réagissent nerveusement. Et beaucoup de gens se demandent s’il faut s’inquiéter. Personne ne peut prédire l’évolution de la situation. Ni les autorités sanitaires, ni les marchés financiers, ni les gestionnaires de patrimoine.
Mais tout de meme, essayons de tirer les leçons du Covid.
Entre 2020 et 2021, les Français ont accumulé 142 milliards d’euros d’épargne supplémentaire. Le taux d’épargne est passé de 15,1% à 21,4% en un an — du jamais vu selon l’INSEE et la Banque de France. Le PIB a chuté de 7,9% ; 25% des ménages ont subi des pertes de revenus. Le déficit public a explosé.
Ces chiffres racontent une histoire patrimoniale : celle de ménages qui, face à l’incertitude, ont adopté des réflexes de protection. Certains ont été payants. D’autres, moins.
Retour factuel : période du Covid
Un choc économique historique
Le Covid a provoqué un choc économique sans précédent en France. Le PIB français a reculé de 7,9% en 2020, contre 6,6% pour la zone euro. La France a été plus touchée que l’Allemagne, mais moins que l’Espagne ou le Royaume-Uni. L’activité économique a chuté de 13,8% au deuxième trimestre 2020, pendant le confinement strict de mars à mai. Le déficit public est passé à 212 milliards. Cette envolée s’explique par les mesures de soutien massives : chômage partiel, fonds de solidarité, prestations sociales renforcées. Au total, c’est l’État qui a absorbé la majeure partie de la perte de revenu national pour protéger les agents privés.
Une épargne forcée massive
Face à l’incertitude et aux restrictions de déplacement, les Français ont massivement épargné. Le surplus d’épargne accumulé entre le premier trimestre 2020 et le premier trimestre 2021 s’élève à 142 milliards d’euros, selon la Banque de France. Le taux d’épargne des ménages est ainsi passé de 15,1% en 2019 à 21,4% en 2020. C’est un niveau historique, jamais observé auparavant. Le taux d’épargne financière, lui, a plus que doublé : de 4,6% en 2019 à 12,1% en 2020.
La consommation des ménages a chuté de 32% en avril 2020, au pic du premier confinement. Les dépenses ont été bloquées : pas de restaurants, pas de voyages, pas de sorties, pas de coiffeur, pas de commerce non essentiel. Cette épargne n’a pas été investie dans de nouveaux produits. Les ménages ont placé leur argent sur des supports qu’ils détenaient déjà : essentiellement les comptes courants et le Livret A. En moyenne, fin 2020, un ménage de patrimoine moyen avait accumulé 1 250 euros d’épargne liquide supplémentaire par rapport à la normale, et seulement 20 euros d’épargne financière de type assurance-vie ou compte-titres.
Un impact inégal selon les ménages
Tous les ménages n’ont pas vécu la crise de la même manière. 25% des ménages déclarent avoir subi des pertes de revenus en raison de la crise sanitaire. Ce sont principalement les indépendants, les salariés précaires, et les secteurs les plus touchés : restauration, tourisme, événementiel, culture. Les ménages les plus aisés ont le plus épargné. Leur consommation a été fortement contrainte par les restrictions, mais leurs revenus sont restés stables grâce au télétravail et au chômage partiel. À l’inverse, les ménages les plus modestes ont moins épargné, voire désépargné pour certains, en raison de pertes de revenus ou de dépenses supplémentaires liées à la crise.
Les dispositifs publics — chômage partiel, fonds de solidarité, prestations sociales — ont joué un rôle d’amortisseur essentiel. Sans ce soutien massif, l’impact aurait été bien plus brutal. Mais pour ceux qui n’avaient pas d’épargne de précaution constituée avant la crise, l’ajustement a été douloureux.
Les trois erreurs patrimoniales du Covid (ce qu’il ne faut plus refaire)
Le Covid a révélé trois erreurs patrimoniales classiques. Ceux qui les ont commises ont payé le prix fort. Ceux qui les avaient anticipées ont traversé la crise sereinement.
Erreur n°1 : Pas de matelas de sécurité
La première erreur, et de loin la plus coûteuse, c’est de ne pas avoir d’épargne de précaution liquide et disponible immédiatement. En mars 2020, quand les revenus se sont effondrés pour certains ménages, ceux qui n’avaient pas de liquidités disponibles se sont retrouvés dans des situations dramatiques.
Ils ont dû :
- Racheter leur assurance-vie en urgence, souvent au pire moment, avec des unités de compte en baisse de 30 à 40%
- S’endetter en catastrophe, parfois à des taux élevés
- Subir de plein fouet la perte de revenus sans aucun coussin pour amortir le choc
Le problème, c’est que la bourse (actions, obligations, etf), meme en assurance-vie n’est pas un matelas de sécurité. C’est un placement moyen-long terme. Si vous devez racheter en urgence, vous vendez potentiellement au plus mauvais moment. Les Livrets, les fonds monétaires, le fonds en euros sont des épargnes de précaution, liquides, sans risque, disponibles. Pour un ménage avec 1 100 euros de loyer et 800 euros de charges courantes mensuelles, 6 mois représentent environ 11 000 euros de matelas de sécurité.
Erreur n°2 : Vendre en panique
Mars 2020 : les marchés financiers s’effondrent. Le CAC 40 perd 37% en trois semaines. Le S&P 500 chute de 34%. Face à cette dégringolade, beaucoup d’investisseurs paniquent et vendent. Ils transforment une perte latente en perte réelle. Résultat : ils sortent au plus bas. Et quand les marchés rebondissent — ce qui s’est passé dès l’été 2020 — ils ne profitent pas de la reprise. A l’inverse Ceux qui sont restés investis ont retrouvé leur capital en six à douze mois, puis ont profité du rebond. Le CAC 40 a fini l’année 2020 à seulement -7% par rapport à fin 2019, et a largement dépassé ses niveaux d’avant-crise en 2021.
Les crises sont des opportunités pour ceux qui ont des liquidités disponibles, pas des moments pour vendre en catastrophe. Et l’erreur numéro un et l’erreur numéro deux sont liées. Si vous n’avez pas de matelas de sécurité, vous serez forcé de vendre en cas de coup dur. Et si le coup dur arrive pendant un krach boursier, vous cumulez les deux erreurs.
Erreur n°3 : Les indépendants sous-assurés
La troisième erreur concerne spécifiquement les travailleurs non salariés : les indépendants, les chefs d’entreprise, les professions libérales. Pendant le Covid, les TNS sans prévoyance ont été les plus exposés. Perte de chiffre d’affaires brutale dans certains secteurs : restauration, tourisme, événementiel, coiffure, commerce de détail. Certains ont perdu 50 à 80% de leur activité du jour au lendemain.
Contrairement aux salariés protégés par le chômage partiel, les indépendants n’avaient pas de filet de sécurité automatique. Le fonds de solidarité a aidé, mais pas tous, et pas suffisamment pour compenser la totalité de la perte. Ceux qui avaient souscrit une prévoyance TNS — avec des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail, une garantie invalidité, et une garantie décès — ont pu amortir le choc. Mais beaucoup n’en avaient pas. La prévoyance TNS, ce n’est pas un luxe. C’est une nécessité qui vous protège, vous et votre famille, en cas de coup dur. Le Covid l’a rappelé brutalement.
Hantavirus — Faut-il s’inquiéter pour son patrimoine ?
Revenons à aujourd’hui, le hantavirus fait l’actualité depuis quelques semaines. Les autorités sanitaires surveillent l’évolution de la situation. Les marchés financiers réagissent nerveusement. Et beaucoup de gens se posent la question : faut-il s’inquiéter ?
Où en sommes-nous ?
- Le hantavirus est présent et suivi par les autorités sanitaires
- La situation évolue rapidement
- Les marchés réagissent aux annonces
Les doutes
Les questions en suspens
- Si cela deviendra une crise sanitaire majeure ou restera limité
- Si un confinement sera nécessaire
- Quel sera l’impact économique réel
- Combien de temps cela durera
Une certitude
Les crises peuvent arriver
Le Covid l’a prouvé, personne ne l’avait vu venir. En janvier 2020, personne n’imaginait un confinement pendant des mois, une économie mondiale à l’arret, des marchés en baisse de trente à quarante pourcent.
Ainsi, la vraie question est : « Si une crise arrive demain — quelle qu’elle soit — mon patrimoine est-il structuré pour absorber le choc ? » Crise sanitaire, crise économique, accident de la vie, perte d’emploi, baisse d’activité — la logique patrimoniale est la même.
Un patrimoine bien structuré absorbe les chocs. Un patrimoine mal structuré les amplifie.
Checklist patrimoniale : ce qu’il faut vérifier maintenant
Que le hantavirus devienne ou non une crise majeure, voici ce qu’il faut vérifier dans votre patrimoine dès maintenant.
Vérification n°1 : Votre matelas de sécurité
Question : Combien de mois de charges avez-vous sur un support liquide et sans risque (Livret, fonds en euros) ?
Objectif : Environ six mois.
Calcul simple :
- Loyer ou mensualité crédit immobilier : X euros
- Charges courantes mensuelles (courses, abonnements, transports, assurances) : Y euros
- Total mensuel : X + Y
- Matelas de sécurité cible : (X + Y) × 6
Si vous avez moins de six mois : c’est faible. Avant d’investir un euro de plus, constituez ce matelas.
Si vous avez plus : Est-ce que ces liquidités sont bien placées ? attention à l’inflation !
Vérification n°2 : Votre clause bénéficiaire d’assurance-vie
Question : Quand avez-vous mis à jour votre clause bénéficiaire pour la dernière fois ?
Pendant le Covid, beaucoup de gens se sont rendu compte que leur clause bénéficiaire datait de dix ou quinze ans et n’était plus du tout adaptée à leur situation familiale. Exemples de situations où la clause doit être mise à jour :
- Vous vous êtes marié ou pacsé
- Vous avez eu des enfants
- Vous vous êtes séparé
- Votre situation patrimoniale a changé (vous avez un patrimoine immobilier maintenant, vos enfants sont majeurs, etc.)
- Vous voulez protéger votre conjoint différemment
Une clause bénéficiaire mal rédigée, c’est au mieux une perte de chance voir un capital bloqué pendant des mois si l’assureur ne s’y retrouve pas.
Action : Sortez vos contrats d’assurance-vie. Lisez la clause bénéficiaire. Si elle date de plus de cinq ans ou si votre situation a changé, prenez rendez-vous avec votre conseiller pour la mettre à jour.
Vérification n°3 : Votre prévoyance financière ET JURIDIQUE
Question : Si vous ne pouviez plus travailler pendant six mois, que se passerait-il ?
Cette question s’adresse aux travailleurs non salariés : indépendants, chefs d’entreprise, professions libérales. Les salariés sont protégés par le régime général : arrêt maladie, chômage partiel en cas de crise, indemnités journalières. Pendant le Covid, les TNS sans prévoyance ont été les plus exposés. Pas de chômage partiel automatique. Pas de filet de sécurité.
Action : Si vous êtes TNS, vérifiez votre niveau de prévoyance. Avez-vous :
- Des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail ?
- Une garantie invalidité ?
- Une garantie décès pour protéger votre famille ?
Si la réponse est non ou « je ne sais pas », c’est maintenant qu’il faut vous en occuper. Pas pendant la prochaine crise.
JURIDIQUE ? : Que se passe-t-il si vous perdez votre capacité de décision ? Qui va diriger votre entreprise ? régler les salaires ? Le mandat de protection future a été créé pour cela. Pour les dirigeants, cela mérite de s’y pencher avec attention. Ade-ci Family Office apporte un vrai savoir faire à la rédaction de ce type de mandat, avant de le faire signer chez un notaire.
Vérification n°4 : Votre allocation d’actifs
Diversifiez: Êtes-vous cent pour cent investis en actions de votre entreprise ? Ce serait mettre tous vos oeufs dans le meme panier : votre revenu comme vos économies.
C’est un light motif récurant chez les gérants : des actions des obligations, des etf, des produits structurés, de l’immobilier, des cryptos, du fonds en euros, etc. Ensuite se sont les proportions qui changent en fonction :
- de votre profil
- de vos projets
- de laconjoncture
Vérification n°5 : Votre stratégie en cas de crise
Question : Savez-vous ce que vous feriez si les marchés chutaient de 30% demain ?
Beaucoup de gens n’ont pas de plan. Résultat : décisions émotionnelles au pire moment. Mars 2020 : « Les marchés baissent, je vends tout ! » → Erreur. Juillet 2020 : « Les marchés sont remontés, je rachète » → Trop tard.
Action : Décidez maintenant de votre stratégie.
- Si les marchés baissent de 30%, est-ce que je vends ?
→ Réponse : Non. Sauf si vous avez vraiment besoin de liquidités en urgence - Est-ce que je rachète mon assurance-vie ?
→ Réponse : Seulement en cas d’urgence absolue. Pas par peur. - Est-ce que j’investis plus ?
→ Réponse : Peut-être, si vous avez des liquidités disponibles. Si les perspectives s’améliorent. Les crises sont des opportunités d’achat.
La prévoyance, c’est maintenant, pas pendant la crise
Personne ne sait si le hantavirus deviendra une crise sanitaire majeure. Personne ne sait si un reconfinement aura lieu. Personne ne peut prédire l’avenir. Seule certitudent : les crises arrivent. Le Covid l’a prouvé. La crise financière de 2008 l’avait prouvé avant lui. Et il y en aura d’autres. Et quand une crise arrive, ce n’est pas le moment de se poser des questions patrimoniales. Les 142 milliards d’euros d’épargne supplémentaire accumulés en 2020-2021 racontent deux histoires.
Première histoire : celle des ménages qui avaient déjà structuré leur patrimoine avant la crise.
Ils ont traversé la crise sereinement. Ils n’ont pas vendu en panique. Certains ont même profité des opportunités : investissement en private equity décoté sur le marché secondaire, investissements boursiers à -40%.
Deuxième histoire : celle des autres.
Ceux qui ont dû improviser dans l’urgence. Racheter leurs investissements au pire moment. S’endetter. Subir de plein fouet la perte de revenus.
La différence entre les deux groupes ? C’est une question de structuration. Un patrimoine bien structuré absorbe les chocs. Un patrimoine mal structuré les amplifie. Le Covid nous a appris une leçon simple : la prévoyance, c’est maintenant. Pas pendant la crise. Si votre patrimoine est structuré intelligemment aujourd’hui, vous n’aurez pas besoin de spéculer sur l’évolution du hantavirus. Vous n’aurez pas besoin de vous demander s’il faut vendre, acheter, ou attendre.
Pour vous aider, contactez Ade-ci Family Office : structurer les patrimoines pour qu’ils absorbent les chocs. Pas pour parier sur l’actualité, mais pour construire une résilience long terme.
Sources
- Impact économique Covid-19 : Insee, « L’économie française en 2020 : une année de bouleversements », Insee Analyses n°64, mai 2021
- Épargne des ménages : Banque de France, « L’impact de la crise du Covid-19 sur la situation financière des entreprises et des ménages en 2020 », février 2021
- Patrimoine des ménages : Insee, « La composition du patrimoine des ménages évolue peu à la suite de la crise sanitaire », Insee Première n°1899, mai 2022
- Revenus et épargne : Insee, « En 2020, malgré la crise sanitaire, le pouvoir d’achat des ménages résiste et leur épargne augmente », France Portrait Social, 2021
- PIB et activité : Insee, « Pandémie de Covid-19 et pertes d’activité : évaluation de l’impact de la crise sur les trajectoires des entreprises françaises en 2020 », Les entreprises en France, 2021
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